Les saisons de vie sont bien étranges... A présent c'est le papa de ma Kaya qui s'en est allé. De tout cela , moi, je ne ressens rien qu'un certain malaise. Je comprend mal les effusions et les larmes, alors que cet homme là souhaitait mourir. Il avait fait le tour de tous les possibles de son existence. Handicapé par la maladie, limité dans ses mouvements, il vivait sa perte d'autonomie comme un calvaire. Mais c'était un père aussi, bien imparfait, souvent absent, mais un père tout de même, et c'est sans doute cette image là qui vient à manquer, davantage que l'homme... je me suis souvent demandé sur quoi l'on pouvait bien pleurer, si ce n'est sur soi-même, sur la peur de sa propre mort, sur l'absence sans retour,sur tout ce qui ne s'est jamais dit , ou sur ce qui aurait dû rester muet...sur sa solitude de petite fille, irréparable désormais, sur tout ce qu'on a donné, même pour rien, sur tout ce qu'on n' a pas reçu.. La mort du père, c'est une sorte de passage symbolique, un rendez-vous avec une part de soi qui se voit tout à coup responsable, sans garde-fou, de ce qu'elle fera du reste de sa vie, une part de soi qui mesure en un éclair l'échéance, l'espace et l'abîme, la liberté et l'infini des lunes. La mort du père, c'est marcher sur sa coquille brisée en criant son appartenance, c'est jeter dans le vent des souvenirs la trace indélébile du lien. Mon amour, j'aimerais tant t'aider, te soutenir, te comprendre.. Je ne puis qu'être là |