l'amour maternel, c'est comme les fleurs coupées,c'est sans racine! Quand on les cueille il faut les arroser de temps en temps, tendrement,et surtout ne pas les oublier sur un meuble avec les vieux magazines et les restes du brunch d'il y a trois jours. Non, parceque les fleurs coupées voient leur sève s'écouler comme une fuite de substance invisible au fil du vase ...comme les femmes dont elles sont issues, elles sont inexorablement perméables et incontinentes .... elles se diluent dans une aquarelle de couleurs de plus en plus axangues, puis elles meurent tout simplement.dans la transparence qui sied si bien à l'inutile. L'amour maternel, c'est l'eau fade qu'il faut vider, l'eau morte, à la teinte "lie de vin," des foetus morts in utéro. L'amour maternel, c'est un absurde petit désespoir qui me rapproche de cette envie de me diluer à mon tour dans ce vase, où coule à la fois ma source et l'unique cloaque qui lui correspond. Le chemin est bref et facile, il se nourrit de si peu d'indifférence qu'il peut ne jamais apparaître au regard...aucun amour ne peut survivre seul, mais il peut s'évanouir en brume et disparaître. Il peut aussi dans ses constats d'impuissance , se dire que d'autres peut-être ont pu grandir dans un humus plus riche, là où cet amour là fut donné et transmis , puis redonné à son tour à chaque génération, pour qu'il cimente et fortifie les liens... D'autres, qui peut-être en ont eu cette envie et cette parcelle de don de soi, qu'on appelle l'esprit de famille |