Passager de ma vie, je me retrouve à la croisée, assise au milieu des horizons du possible , de l'incertain, de l'improbable. Je contemple mes provisoires passés, mes hypothétiques futurs simples. En vérité, je ne vois rien. Il n'y a rien à refaire qui ne l'a déjà été dans ses tourbillons de faux pas et d'audace. Il n'y a rien qui puisse être dénoué sans risque. Je voudrais entrer dans la sérénité du "non-agir "sans entrer en même temps dans le néant du "non-être". Je suis assise ici dans l'Attente, comme on s'assied dans l'herbe. Je peux caresser des mains ce tapis moussu, embrasser du regard ces ondoiements sous la brise , je peux respirer l'odeur d'humus et de sous-bois.....mais je suis comme un arbre qui a cessé de croître : Le ciel se dérobe à son unique raison d'être , il rentre en soi, plongeant vers ses racines pour comprendre, pour s'apprivoiser, pour se rassurer. S'il trouve d'où il vient , il comprendra qui il n'est pas , et sans doute où il n'ira jamais...mais ce voyage vertical est le seul voyage véritable. |