Extraits de mon journal: 22 h ce lundi. Coup de fil de ma Kat : Rosalie est partie pour le voyage d'éternité ! J'ai le coeur chaviré... Non, non, pas vrai, pas possible, pas encore...je sens mes paupières se fermer sur mes larmes. J'avale difficilement la grosse boule douloureuse qui me serre la gorge, je respire, je ne veux plus penser... Le luxe bienfaisant du chagrin, ce n'est pas l'instant de me l'offrir, pas maintenant.!! C'est la fin de ce premier jour de stage....et j'attend votre retour, les filles. L'une après l'autre, vous rentrez au nid, impatientes, fiévreuses, ivres encore d'expériences difficiles. Vous avez compris beaucoup de choses, déjà ! Vous êtes grandes. Dans l'obscurité, ma lampe de poche s'éteint doucement. Il reste une bougie vacillante sous le vent de la terrasse, lumière fragile dans les ténèbres, étincelle qui peut ranimer la braise, étoile de mon amie Rosalie qui s'allume au ciel d'encre de Dakar Je vous attend avec inquiétude, avec affection. Je voudrais que vous vous sentiez bien, que vous repreniez votre souffle, que vous puissiez vider ce sac bien lourd de stress et d'émotions. Je vous attend avec mes propres faiblesses, mais je ne vous le dirai pas. Je vous attend avec mes images "choc" du jour, mes espérances, mes craintes, mes joies, avec les richesses que nous avons vécues ensemble où seules tout au long de ces heures. Vous racontez avec justesse les femmes du Sénégal, dans leurs souffrances, leur énorme courage. Vous racontez leur force, leur dignité dans l'indigne. Mais vous aussi, vous êtes ces femmes, dans l'amour que vous leur portez et dans votre propre courage à aller jusqu'au bout de vous-mêmes pour leur apporter justement cette étincelle qui peut ranimer la braise. Ma lampe s'éteint...mais toutes les femmes du monde brillent un peu grâce à vous, comme des soleils |