Il m'arrive de me sentir perdue dans le grand univers...non pas intellectuellement, de façon raisonnée, en mesurant placidement mon infinie petitesse, non ! Mais perdue, dépassée, anihilée,oubliée quelque part dans un recoin obscur du Grand Tout en marche inexorablement vers d'effrayants mystères . C'est une sensation très physique ,oppressante, angoissante, vertigineuse, comme un voyage brutal hors normes, un délirium -fiction sans alcool , sans autre addiction que celle de mon propre regard : Un regard projeté à travers toutes les fibres soudain optiques de mon corps, tels des rais de lumière éclatés dans des dimensions à la fois intimes et inconnues. Ce n'est pas du tout irréel, c'est au contraire trop concret, palpable au point de pouvoir presque le toucher. Mais le toucher implique la Connaissance. Et la Connaissance est au coeur du Sacré..... Je suis une petite boule de vie déjà doucement en fin de course, qui voudrait s'abreuver des rayons d'or de ce regard intérieur. Et toute seule, dans mon recoin obsur du Grand Tout en marche, j'aimerais m'élever vers la Connaissance qui éclaire , et étanche la soif . Mais elle se dérobe sans cesse, parcequ'elle est par essence ,ma propre part de désir, donc de souffrance. Mon corps souffre ainsi de son humanitude, celle qui définit les contours de ma petite boule de vie dans l'espace et le temps, celle aussi qui peut enrichir ma part de désir de quelques poussières scintillantes à rajouter au ciel infini ... |